L'été, le temps de l'insouciance

Avec l'été, la saison des naissances touche à sa fin. Les animaux retrouvent une vie calme et facile.

 

Les dernières neiges ont fondu voilà trois mois. Le temps des souffrances paraît bien loin!


En quelques semaines, les pelouses brulées par la neige ont été remplacées par de vastes étendues colorées riches d'une flamboyante diversité végétale. Envahissant les prairies vertes, les fleurs attirent une multitude d'insectes, régal des oiseaux et mammifères insectivores. Même le renard guette les sauterelles et grillons... Hop ! un bond, un coup de dents et le tour est joué !


L'abondance retrouvée.


Les herbivores profitent des faveurs de l'été pour reconstituer leurs réserves alimentaires et effacer 4 ou 5 mois de privations. Les troupeaux sauvages se répandent dans toute la réserve. Durant les heures chaudes, ils se réfugient dans la forêt, sinon ils préfèrent occuper les lisières et la plaine où la nourriture abonde.

 

 


Sur la Réserve, les pâturages ne sont ni cultivés ni fauchés. C'est aux bisons, chevaux et cerfs d'assurer ces travaux agricoles. Les herbivores stimulent ainsi la biodiversité en favorisant la création de prairies et pelouses d'altitude. Le constat est étonnant : à la place des vastes étendues colonisées par trois ou quatre espèces végétales dont le brachypode penné qui existaient avant l'arrivée des bisons et des chevaux, on trouve désormais de riches milieux abritant plus d'une trentaine d'espèces.

Cette évolution spectaculaire de la flore n'est pas limitée aux seuls espaces ouverts. On la retrouve dans les zones forestières où les bisons ont pris leurs habitudes. En lieu et place d'une forêt méditerranéenne à pins sylvestres, des prés bois apparaissent qui ne sont pas sans rappeler les prés bois à mélèzes et pins cembro qui se rencontrent au dessus de 1600 mètres d'altitude dans le Mercantour voisin.

Quand les herbivores sauvages ouvrent les paysages.

Les bisons pâturent tous les milieux. Forts de leur puissance, ils ouvrent des clairières dans la forêt que les chevaux sauvages et les cerfs finissent de façonner en broutant les buissons devenus accessibles.

( Etalons)

 

 

 

 

 

 


Les sangliers achèvent le travail en labourant les sous-bois. De la sorte, ils accélèrent l'aération du sol et la germination des graines des plantes pionnières jusqu'ici en dormance.

Les espaces nouvellement ouverts sont alors colonisés par les animaux plus petits, comme le chamois, le chevreuil ou le lièvre. Lesquels constituent des proies appétissantes pour les grands prédateurs tels le lynx ou le loup.

Texte : Patrice Longour – Photos : Baptiste Vivinus



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